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Regards croisés sur nos cultures - Session 2

Jeudi 11 juin 2020 s’est tenu notre second e-apéro interculturel sur la thématique de la vie professionnelle. Une nouvelle fois encore, nous avons voyagé dans la bonne humeur à la découverte de plusieurs cultures. Cet échange riche nous a permis d’en apprendre plus sur la manière dont fonctionne le monde du travail au Cameroun, au Canada, au Brésil, à Taïwan, aux Etats-Unis, au Japon et en Suisse et bien sûr en France.


Nous avons abordé 5 thématiques : la place de l’individu, le rapport à la hiérarchie, le rapport aux initiatives, la place de la femme, l'importance du secteur informel.


La place de l’individu


En France, il y a encore une ligne floue entre le « je » et le « nous ». Même si cela peut sembler contradictoire, à l’embauche il est souvent demandé de savoir travailler en autonomie tout en sachant travailler en équipe. Une fois au sein de l’entreprise, on remarquera : une valorisation du travail du groupe mais une identification du travail de chacun au sein de ce groupe, un partage des réussites mais une individualité dans les échecs.

Contrairement à la France, le Canada valorise en premier l’individu et sa capacité à travailler seul. Chacun a ses propres missions et il est mal vu de solliciter constamment ses collègues en cas de difficultés.

Aux États-Unis est également partagée cette vision de l’individu et de sa capacité à apporter un résultat individuel. La société étant fortement concurrentielle, il n’est pas rare que l’on valorise la réussite d’un individu devant le groupe pour pousser les autres membres du groupe à mieux faire.


Le rapport à la hiérarchie


Nous avons évoqué le rapport à la hiérarchie sous deux aspects : la proximité et la prise de décision.

En France, au Cameroun, à Taïwan et au Japon, nous observons une distance hiérarchique naturelle entre les employés et le chef, contrairement au Canada et aux Etats-Unis où cette distance est moindre. On remarque assez naturellement une corrélation entre la distance hiérarchique et la pratique du vouvoiement dans les échanges.

On pourrait supposer que la proximité managériale et le tutoiement vont de paire avec une approche collégiale dans les prises de décisions. C'est effectivement le cas pour le Canada; en revanche, aux Etats-Unis, le manager détient seul le pouvoir décisionnel.

En France, où le vouvoiement et une certaine distance restent assez pratiqués, il n'est cependant pas rare que les prises de décisions impliquent l'ensemble d'une équipe.

Au Japon, à Taïwan et au Cameroun, la distance marquée entre managers et employés se reflète également dans les prises de décisions : l'employé n'est pas sollicité.


Le rapport aux initiatives


Contrairement au Cameroun où les initiatives des employés sont mal vues, en France, en Suisse, à Taïwan et au Canada, un employé a plus de facilité à proposer des idées pour améliorer ce qui est déjà en place.

En France, il n'y a pas de règle absolue mais on attend souvent du salarié qu’il soit non seulement force de propositions mais également et surtout force de conviction pour démontrer le bénéfice du changement aux personnes concernées.

Au Canada, les entreprises vont plus loin: elles prônent non seulement l'expression de nouvelles idées mais encouragent également leur mise en oeuvre. On considère que tout le monde doit contribuer au succès de l’entreprise. La prise d'initiative fait partie intégrante de l’évaluation annuelle du salarié et on récompense celles qui ont porté leurs fruits.

A Taïwan, les chefs sont ouverts aux initiatives mais laissent l’employé se débrouiller seul et apporter la preuve que son idée fonctionne. Un résultat positif entraînera plus de soutien de la part du chef lors de prochaines prises d'initiatives; un échec sera en revanche sanctionné.

En Suisse, le chef accorde beaucoup d’autonomie au salarié et, s’il juge que ce dernier en a les capacités, il le laisse mener à bien son idée.


La place de la femme


Ce point fût ardemment débattu par l’ensemble des participants, tous sensibles à ce sujet. Nous l’avons abordé sous deux aspects : les postes à responsabilités et la gestion de la parentalité.

On remarque en France et au Cameroun une répartition inégale des postes à responsabilité excluant majoritairement les femmes. Au Canada, au Brésil et à Taïwan, en revanche, les femmes sont autant représentées que les hommes sur les postes à responsabilité et sont tout autant mises en avant dans la société.

La gestion de la parentalité est un sujet également complexe car elle relève non seulement des réglementations et mœurs d’une société mais également de la personnalité des parents, qui joue un rôle non négligeable.

Au Cameroun, en France et en Suisse la garde des nourrissons incombe très majoritairement aux femmes. Les raisons diffèrent selon les pays : au Cameroun c’est principalement dû à la société patriarcale qui considère l’homme comme le pilier économique de son foyer et la femme comme l'éducatrice des enfants; en France, les congés paternités sont accessibles aux hommes mais relativement peu utilisés, à la fois pour des raisons culturelles et pour des raisons financières (la disparité salariale hommes-femmes subsistant encore); en Suisse, le coût élevé de la nourrisse et de la crèche pousse les femmes à laisser tomber leur travail pour rester avec leur enfant après l'accouchement.

Au Canada, le congé parental est d’un an à partager entre les membres du couple. Chaque couple étant différent, il n'y a pas de règle dans la répartition de ces congés, autant les femmes que les hommes en profitent.

A Taïwan, la répartition est assez égale entre les deux parents. De plus, culturellement on retrouve dans la même maison plusieurs générations, ce qui permet à une femme de reprendre plus rapidement son travail après un accouchement.


L'importance du secteur informel


Le terme "secteur informel" recouvre des réalités très disparates et ne possède pas la même signification dans tous les pays. En France il est communément appelé "travail au noir" et considéré comme illégal tandis qu’au Cameroun, au Brésil et à Taïwan, il s’agit de petits boulots pratiqués par une large frange de la population pour assurer sa subsistance. Pour cette raison, cette économie "informelle" y est largement tolérée.

Au Cameroun, on remarquera que l’économie est soutenue en grande majorité par le secteur informel. Le Brésil observe la même tendance que le Cameroun. Quant à Taïwan, on observe une répartition plus équilibrée entre les deux secteurs (50 % / 50%). Entre ces trois pays, le Cameroun se distingue par un format original de reconnaissance du secteur informel: les travailleurs établis physiquement sur la voie publique (exemple: étal de fruits et légumes) sont soumis par les mairies au paiement d’un droit d’occupation.


Et vous, avez-vous reconnu les différentes pratiques au sein de votre entreprise ? Partagez-vous des points semblables à ceux évoqués plus haut ?


Pour aller plus loin, découvrez mon article sur les six dimensions culturelles d’HOFSTEDE.


Tous les jeudis, du 4 juin au 13 août 2020, munissez-vous de votre mojito (ou toute autre boisson, et toujours avec modération) et rejoignez-moi sur Zoom pour un moment détente et enrichissant. De 18h30 à 20h00, venez partager votre culture avec d’autres personnes et bien sûr, en apprendre un peu sur chacun. Vous trouverez ci-dessous les 9 thématiques que nous aborderont lors des prochains e-apéros.


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