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  • Sylviane Ino

Entreprise multiculturelle - Les six dimensions culturelles d’HOFSTEDE



Le mot culture désigne plusieurs aspects de la vie d’un groupe social : les mœurs, la morale, la langue, le mode de vie, les valeurs, les croyances, les rites religieux, la vie familiale, le style vestimentaire, etc.


S’il fallait lui donner une définition simple, nous pourrions dire que la culture c’est l'ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions et des coutumes propres à une société. Elle se transmet de génération en génération et conditionne en grande partie, le comportement des individus au sein de cette société.


Avec la mondialisation, la diversité des profils au sein des entreprises est devenue une norme et non plus une exception. Aujourd’hui, la majorité des entreprises sont multiculturelles c'est-à-dire, qu’au sein de l’entreprise, se côtoient des personnes de cultures différentes. Face à cette croissance des entreprises multiculturelles, le management interculturel est maintenant un véritable levier de la performance des entreprises. Parce que chaque culture fonctionne selon son propre système de valeurs et que la conception du travail n’est pas la même selon les pays, les managers doivent rester vigilent et apprendre à rassembler ses collaborateurs d’horizon divers.



Geert HOFSTEDE est un psychologue social néerlandais, ancien employé d'IBM, et professeur d'anthropologie organisationnelle et de gestion internationale à l'Université de Maastricht aux Pays-Bas. Il est connu pour ses recherches pionnières sur les groupes et les organisations interculturels.



Entre 1967 et 1972, il mena une étude au sein de la multinationale américaine IBM, à l’époque implantée dans 64 pays, afin d’établir une comparaison entre les cultures et de montrer leur influence sur le management ainsi que l’organisation d’une entreprise.

Dans son ouvrage « Culture and Organizations: International Studies of Management & Organization » publié en 1980, il modélise les différences culturelles au travail à travers quatre dimensions majeures qu’il utilisa dans le cadre de son étude chez IBM :


La distance hiérarchique forte ou faible

Il définit le degré d’acceptation par les membres d’un groupe, de la répartition inégale du pouvoir. Au sein d’une société dans laquelle la distance hiérarchique est forte, ses membres acceptent l’ordre hiérarchique établi sans le remettre en question. A contrario, dans une société où cette distance est faible, ses membres s’interrogent sur les inégalités de pouvoir et vont chercher à les réduire. Dans les pays avec une distance hiérarchique forte, généralement, c’est le patron qui prend les décisions parce qu’il jouit de la plus grande autorité mais dans les pays avec une distance hiérarchique faible, les employés sont impliqués dans le processus de décision.


L’individualisme VS le communautarisme (collectivisme)

Selon les pays, on peut retrouver, une société individualiste dans laquelle le « je » prime et où on privilégie la réalisation d’objectifs personnels ou, une société collectiviste dans laquelle le « nous » prime et où les intérêts du groupe passent avant les intérêts personnels de ses membres. 


La masculinité VS la féminité

Elle met en exergue le rôle que les membres de la société donne à la qualité de vie par rapport à la réussite. Dans une société considérée masculine, on valorisera la compétitivité, l’ambition, le pouvoir et le matérialisme. A contrario, dans une société considérée féminine, on mettra plus l’accent sur la qualité des relations humaines, l’harmonie et la recherche de consensus. Plus une société est masculine, plus la distinction entre les rôles exclusivement féminins et les rôles exclusivement masculins est claire.


Le contrôle de l’incertitude fort ou faible

Elle traduit le degré de tolérance des membres d’une société vis-à-vis des situations incertaines ou ambiguës. Dans une société à fort contrôle de l’incertitude, ses membres ont peur du changement et se sentent menacés face aux situations inconnues. A contrario, les sociétés à faible contrôle de l’incertitude sont plus souples car, ses membres ne se sentent pas menacés par les opinions, les situations et les personnes différentes. 


En 2010, en se basant sur les recherches et enquêtes menées par Michael Harris Bond et Michael Minkoy, HOFSTEDE rajoute deux autres dimensions aux quatre initialement évoquées.


L’orientation à long terme ou à court terme.

Dans une société qui possède une vision à long terme, on donne de la valeur aux efforts présents en vue de se préparer de manière adéquate pour le futur. A contrario, dans une société ayant une vision à court terme, on va privilégier les traditions et les normes en l’état aux dépend de toute forme de changement, qu’elle appréhende avec méfiance.


Le plaisir VS la modération

Une société plaisir aura tendance à mettre l’accent sur la satisfaction des besoins et des désirs personnels de ses membres. A contrario, une société modération est régit par des normes sociales strictes et prône la régulation des pulsions de ses membres. 


Une entreprise multiculturelle doit faire preuve d’une empathie et d’une sensibilité décuplée à l’égard de ses collaborateurs de nationalités diverses. Un bon manager doit donc être capable de considérer chacun de ses collaborateurs comme un individu à part entière, avec un bagage culturel qui lui est propre et qui influence son comportement en entreprise.


Dites-moi en commentaires si vous avez pu déterminer les dimensions culturelles de votre pays !

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